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Events Sessions

intégralité du "long" témoignage

"On m’en avait parlé, beaucoup, j’avais vu des photos, des reportages, j’étais même allé aux 2 dernières Burning nights à Paris pour m’imprégner et puis discuter encore pour mieux le préparer le Burning Man 2009 mais une fois sur place, tout ce qu’on m’avait dit, ce que j’avais entendu et vu, tout ce qui devait m’aider à affronter ce festival hors du commun, ces repères, tout à coup, les rues, les heures, le chaud, le froid, le jour, la nuit, le vent, la poussière, les gens, les camps, les Art cars, les vélos, les lumières, la musique, le calme, le désert, l’immensité du désert,  tout ce révélait à moi, comme on me l’avait dit, mais tout y était immensément plus grand, plus beau, plus confus aussi, je devais tout découvrir par moi même, me créer mes repères, j’avais soif, je courais, je voulais tout voir, tout entendre, tout goûter, j’étais un « virgin » bien décidé à ne plus l’être, j’étais là, je le vivais, j’en étais acteur, participant de ce grand événement, un parmi tous les autres mais tous dans le même but fraternel de vivre ensemble une semaine folle, j’allais ici ou là, dans des déguisements fabriqués pour l’occasion donner quelques morceaux de pastèque, on me remerciait par un hug . Un jour j’avalais une vodka gélifiée aromatisée au Cherry qu’une voisine avait faite, un autre, un voisin nous donnait des morceaux de tomates sorties du frigo, j’apprenais les règles de base du BM, l’entraide, la solidarité, le partage.

Un autre jour, je me suis fait peindre les jambes et tatouer avec un tampon un code barre, je buvais une vodka dans laquelle je faisais fondre une sucette au « lollipop shot camp », je les remerciais en les invitant au «  Sandy and Freddy Pastis bar », vous l’avez deviné, notre camp, puis après quelques tours de rollers sur une piste de fortune, on repart à vélo, croisant dans le désert des œuvres d’art en tout genre direction un grand toboggan histoire d’atterrir dans des grands cubes en mousse, puis le vent se lève et soulève la dust mais qu’importe, équipé de lunettes goggle et un masque sur la bouche, j’aperçois au loin dans le désert, 2 palmiers en plastique, 3 parasols et 4 canapés posés là, une oasis en plein désert, des gens dorment, d’autres lisent, on fait connaissance, j’offre un pastis avec de l’eau fraîche, et oui c’est possible là-bas aussi et on fait fureur avec notre bar ambulant, je fais un peu la gueule quand je dois en servir un dans une canette Budweiser mais je suis remercié par une Guiness, c’est le calme dans la tempête et tout le monde se fait des hugs, il faut continuer et c’est le Party Naked Tiki bar que l’on aperçoit, ça tombe bien, le vent est tombé, il fait chaud, les gens sont décontractés, on nous offre le Tiki cocktail, plus loin nous goûtons à des gaufres avec du fromage et de la saucisse, le soleil disparaît derrière les montagnes, il va faire nuit, nous passons devant le center camp - des gens font encore la queue à la « poste » -retrouver notre camp, adresse 5 heures et Biologie, nous croisons des gens tout illuminés de la tête aux pieds, il est l’heure pour nous d’en faire autant et d’enfiler nos costumes de nuit, suivre ces gens qui vont quelque part à 9 heures et Genome nous dit-on, Daft punk y sera, ou pas,  les rues se font de plus en plus embouteillées, les gens empêchent la circulation des Art car,  il y a un chapiteau, la musique est forte, il faut se faufiler pour obtenir enfin la photo du groupe mais la plaisanterie a assez duré nous dit un Ranger, le canular a marché mais maintenant il faut aller voir ailleurs, nous montons dans un Art car qui ne prend pas la bonne direction, qu’importe, nous descendons pour remonter quelques mètres plus loin dans un autre, c’est un bus à étage recouvert de peluche d’ours blanc, en bas il y a le bar, en haut la piste de danse et à l’arrière dans la remorque un mur de son, tout le monde est euphorique, nous croisons une libellule toute illuminée puis Jésus portant sa croix en train de danser en haut d’un mat de bateau de pirate, déjà 1 heure du matin, nous mangeons une poutine au camp des Québèquois, puis sur un tapis volant nous arrivons rapidement au Dôme et sous une bonne musique électro des centaines de personnes dansent dans leurs habits de fête et de lumière, Superman et Dark vador font la causette à une petite étudiante en jupette en compagnie de Maya l’abeille, pendant ce temps là, un peu plus loin, des lances flammes nous indiquent la direction d’une autre discothèque, en plein air et c’est Karl Cox, le vrai, qui mixe et c’est parti encore pour quelques heures de bon son….plus tard, on essaiera de rentrer avec la navette spatiale « Omega one » mais il y avait ce drôle de bouton rouge, je savais qu’il ne fallait pas y toucher mais c’est plus fort que moi, allez, j’appuis….

Le lendemain, je me retrouvais dans ma canadienne sur mon duvet blanchi par la poussière, il fait chaud, le cadran solaire en bois qui se révéla être d’une grande précision, fabriqué par notre voisin, nous indique qu’il est 10h30, le camion qui arrose les rues pour éviter que la poussière ne se lève trop va bientôt sûrement passer, ou pas, mais se tenir prêts et courir nu derrière, c’est la chance de prendre une des meilleures douches depuis longtemps.

Un Bägel avec de la cheese cream, un avocat, une tomate et ça repart…ne pas griller la priorité au mirage de la Black Rock City Air Force et ne pas oublier de foncer dans les 2 toréadors malheureux de ne pas avoir pu emmener de taureau, découvrir de nouvelles œuvres d’art, participer à des jeux, se perdre dans le désert avec comme seul repère le Man, droit, érigé autour d’une œuvre en bois, y laisser un mot, s’arrêter, contempler et s’apercevoir que déjà la semaine s’est écoulée, que j’ai tous mes repères, je suis bien, je suis chez moi, mais il va falloir partir, pas avant le burn, c’est ce soir, il est 21h30, il fait nuit, le vent souffle fort et la dust rend toute visibilité impossible malgré ma lampe frontale, on ne voit pas à un mètre et pourtant il y a des gens partout, des Art car tout illuminés pour la fête, la musique s’est arrêtée, on aperçoit le Man derrière un dernier nuage de poussière, le vent tombe, pour la beauté du spectacle, rien que pour moi, et tout les autres et bientôt, c’est une autre fumée que l’on voit, celle du feu d’artifice qui embrase le Man et tout à coup je réalise tout ce que l’on m’avait dit avant mais c’est tellement plus beau, tellement plus grandiose, il faut le vivre, une explosion nous réchauffe. Le Man brûle et n’en finit plus, quand, au moment où il tombe à terre, c’est l’hystérie collective qui s’empare de nous, on court jusqu’au brasier, tourne autour, il fait très chaud, un Belge (Anthony) discute avec nous et sort sa bouteille de champagne, un chamallow grillé au feu au bout d’une canne devant mon nez, je l’attrape et le dévore, il fond dans ma bouche et je réalise à quel point je viens de vivre une expérience inoubliable, sans pareil, alors on a beau dire et on m’en a dit beaucoup avant et maintenant, c’est moi qui pourrais vous en parler pendant des heures, on a beau dire, il faut le vivre…"

Freddy.Marseille

 
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